Fox aka Bullet
Fox aka Bullet est né dans le sillage d’Infiniment vivant.
En écrivant le roman, certaines images se sont imposées avec une force particulière : des visages, des lumières, des rues, des silences, des corps traversés par la musique et par la ville. Ce projet visuel prolonge cette impulsion. Il ne s’agit pas d’illustrer le livre au sens classique, mais de laisser l’univers déborder dans un autre médium.
Cette image de Kyrsten en est l’un des points d’entrée. On y retrouve Brooklyn, les murs tagués, la cigarette, l’électricité bleue des cheveux, la tension retenue, et cette manière d’être là sans s’expliquer. Tout ce qui, dans le roman, passe par l’atmosphère, la musique intérieure et la présence du personnage, trouve ici une autre forme.
Le texte suivant a été uilisé pour créer cette image :
Je suis adossée à un vieux mur tagué dans une ruelle de Brooklyn, quelque part entre deux silences et un riff de guitare crade dans mes écouteurs. Il y a une lumière d’automne qui découpe tout, le béton, les couleurs, moi. J’ai mon perfecto jeté de travers sur les épaules, pas fermé. Un short court en jean délavé, un débardeur crop top noir un peu trop fin, et mes collants résille sont déjà foutus. Ça me va. Mes cheveux bleus électrique flottent légèrement dans la brise automnale Mes rangers noires sont ouvertes, pas lacées, je m’en fous. Les chaussettes blanches dépassent juste assez pour emmerder quelqu’un d’un peu trop propre. Une clope à la main, et mes lunettes de soleil même s’il fait pas beau. Sur mes bras, les tatouages racontent plus de trucs que mes mots. J’ai pas envie de parler, juste d’être là. Figée entre deux battements du monde. Le mur derrière moi est couvert de graffiti. Il y a un chat rose fluo qui tire la langue à côté d’un ange qui pleure du goudron. Je souffle la fumée vers le ciel comme si j’étais un volcan qui rêve d’exploser, mais pas maintenant. Juste… pas encore. Et dans mes oreilles, ça gueule, ça vibre. Ça me tient debout. Ça me tient vivante.